New Songdo City : la ville connectée

En Corée du Sud, à soixante kilomètres au sud de Séoul sur une île artificielle reliée à la terme ferme par un pont de 12 km, s’édifie depuis 2001 la ville de New Songdo City. A première vue une ville classique : des locaux, des habitations, des universités, un hôpîtal, des musées, des parkings.  Mais ce chantier gigantesque est en réalité d’un genre nouveau.

La ville se veut « intelligente », c’est à dire offrant la connectivité universelle à la fois entre les habitants, les usagers, et les bâtiments eux mêmes. Une ville en réseau, où les TIC deviennent le vecteur d’initiatives de durabilité environnementale et sociale, ainsi que d’une planification urbaine participative.

L’apogée du tout numérique au service de la gestion des villes ! Tous les services urbains sont gérés en temps réel par la municipalité : régulation du trafic, récupération des eaux de pluie, gestion des déchets…

Mais cela ne s’arrête pas là. Chaque étape de la vie quotidienne est l’occasion pour les citoyens de recourir aux nouvelles technologies : une puce électronique leur sert à la fois de clef d’appartement et de voiture mais permet aussi de payer leurs courses. Un système généralisé de visioconférence et de caméras de surveillance est mis en place, collecte des données et les envoie vers un ordinateur central qui propose en retour des services à la population. Chaque donnée, chaque action, chaque évènement urbain, chaque besoin satisfait est référencé. Ici même les cannettes sont tracées !

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Intrusion dans la sphère privée, collecte et analyse des données en temps réel, cela ne vous fait penser à rien ? Ne vous retenez pas de dire Big Brother… Sans aller jusque là, il existe un risque d’exploitation abusive de ces données par les pouvoirs publics mais aussi par les opérateurs urbains de services (Google, IBM, Cisco ou Accenture). La ville « intelligente » ne serait-elle pas qu’une vitrine commerciale pour un ensemble de services technologiques, un gadget destiné à séduire des segments de la population dotés d’un fort pouvoir d’achat.

La ville connectée peut aussi être vue comme créatrice d’un urbanisme plus participatif. Les habitants deviennent des « co-concepteurs ». En impulsant de nouvelles pratiques sociales, ils orientent l’offre vers des services nouveaux. Cette « innovation » par le bas bouleverse le rôle de l’institution, qui devient celle qui fixe une direction et stimule, met en relation et oriente, voire arbitre.

Pour que la ville intelligente devienne un outil au service de la démocratie, la puissance publique se doit également de donner à tous les moyens d’utiliser ces nouveaux outils et de s’en servir. Le réel enjeu est bien là : permettre aux habitants de s’approprier les TIC afin d’éviter une ville 2.0 ghetto ou gadget.

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