Montigny-lès-Cormeilles veut refaire sa ville grâce à Carrefour

Une commune de région parisienne comme tant d’autres avec ses zones commerciales en tôle ondulée, ses panneaux publicitaires, et ses parkings à perte de vue. Avec l’arrivée massive de nouveaux habitants dans la ZAC des Frances (plus de 8 000 dans les 60s), la commune a du s’adapter et construire de nouveaux équipements publics, des écoles, des collèges. Pour les financer elle a eu recours à l’outrance au développement de la zone commerciale le long du quartier. Les grandes enseignes se sont installées et on peu à peu colonisé les abords de la RD14, séparant petit à petit le quartier du reste de la ville.

Aujourd’hui c’est un morceau de ville sinistré qui fait l’objet d’une convention avec l’ANRU pour sa rénovation. 20 millions d’euros ont été mis sur la table par la Ville, le Département et la Région pour réaliser les premiers travaux de restructuration. Mais reste encore à ouvrir le quartier sur le reste de la ville et pour cela, une seule solution : régler le problème des hangars commerciaux en tôle ondulé qui défigurent le paysage. Notamment le Carrefour qui tourne le dos à la ville. L’objectif de la mairie est de recréer un nouveau centre urbain, de densifier la zone et de construire équipements et logements. Après avec été consulté, un cabinet d’architecte a rendu des propositions pour réhabiliter la zone commerciale et transformer la RD14 et rendre le quartier plus agréable à vivre.

Mais la note est trop salée pour la mairie… Alors que faire ? Qui va passer à la caisse ? Jean Noel Carpentier, le maire actuel souhaite associer le groupe Carrefour à la rénovation. Il argue en effet que Carrefour est là depuis quarante ans, réalise de forts taux de rentabilité, vend sa marchandise en majorité aux habitants du quartier (qui sont là aussi grâce aux investissements de la mairie) et pourtant ne participe pas aux projets qui concernent son territoire.

L’idée pourrait être de signer une convention de Projet Urbain Partenarial (PUP) avec Carrefour dans le cadre du projet de création de voirie ou de reconversion d’espaces publics. Le financement des investissements sera réparti à parts égales entre le public et le privé.

Cette reconstruction de la ville de manière partenariale entre acteurs publics et privés est la solution pour offrir des aménagements et des équipements de qualité aux citoyens. Ces grands groupes, qu’ils soient dans la distribution, la construction ou encore les services urbains sont des acteurs essentiels du territoire, ils participent à son économie mais sont également tributaires des usagers, leur clientèle. Ils s’investissent de plus en plus sur le « marché » de l’urbain devenant des opérateurs à part entière. N’est-il pas temps qu’ils participent eux aussi à la construction du territoire et de la ville ?

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