Le crowd-funding pour financer de nouveaux projets urbains ?

Comment pallier au manque de financements pour les nouveaux projets d’aménagement ? En demandant aux futurs usagers bien sûr ! D’aucuns me répondront que les impôts sont normalement fait justement pour ça : financer de nouveaux projets stratégiques pour les citoyens. Toutefois il apparaît que dans un contexte de réduction budgétaire et de retrait de l’état, certains projets ne sont pas réalisés par la puissance publique car peu stratégiques, ni par les groupes privés ou les investisseurs car insuffisamment porteurs. Le crowd-funding, déjà utilisé par les artistes comme Irma par exemple avec le site My Major Company, pourrait être la solution. Le principe est simple : les citoyens plébiscitent et co-financent des projets qu’ils veulent voir réaliser. Cela permet d’une part à des réalisations plus originales ou différentes de voir le jour, mais aussi une participation accrue du citoyen à l’élaboration du projet. C’est l’exemple réussi de+Pool une piscine flottante sur l’East River à New York, financée par 1203 donateurs par le biais de Kickstarter.com.

A Rotterdam, un projet nommé I make Rotterdam doit permettre de réaliser un pont piéton qui rejoindrait la Central Station. Il est possible d’investir dans différentes portions du pont pour une somme allant de 25€ à 1250€. Chaque investisseur se voit récompensé en ayant une planche gravée à son nom. Les initiateurs du projet ont besoin de 440.000 € pour mener à bien leur projet… Une somme qu’ils ont pour l’instant du mal à réunir, peut être faute d’une communication adéquate.

Le crowd-funding peut-il être un modèle viable pour financer la ville ? Cette pratique présente l’avantage de prôner un urbanisme participatif et collectif qui intègre l’usager futur de l’équipement à toutes les phases du projet, de la conception, à la réalisation et même à la gestion. L’inconvénient est bien sûr que contrairement à l’épargne citoyenne, l’usager ne place pas son argent en attendant un retour sur investissement mais il fait un don à la collectivité pour voir un projet qu’il aime se réaliser. Il reçoit en échange une gratification comme par exemple de voir son nom sur l’ouvrage, mais aucun intérêt financier là dedans. Est on prêt à cela ?

Les récentes démarches d’habitat participatif groupé témoignent de cette tendance de financement partenariale des projets. Ce cofinancement de la ville avec l’usager, peut également intégrer la puissance publique par l’apport de subventions ainsi que quelques investisseurs institutionnels ou fonds d’épargne.Toutefois n’est ce pas encore un simple moyen de pallier le déficit d’intervention publique ? Peut on envisager à long terme de financer la ville grâce aux usagers ? Comment ne pas mettre à mal les politiques publiques d’urbanisme et d’aménagement ?

L’habitat groupé du canal de Ramonville St-Agne, vers le Canal du Midi, au sein d’une SCIA (société civile immobilière d’attribution)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s