Et si on partageait ?

Notre génération, qu’elle soit Y ou Z, est la génération de la précarité, de l’éphémère, que ce soit dans le travail, en amour, pour le logement,  l’environnement… Dans cette incertitude ambiante, elle fait toutefois preuve d’une grande capacité d’adaptation. Elle favorise l’échange, mais aussi la mobilité, voire une certaine forme de nomadisme. Elle rejette le système d’accumulation matérialiste des trente glorieuses pour privilégier une consommation de moins en moins basée sur la propriété mais plutôt sur ses besoins et ses envies à un temps T. L’objectif n’est plus la consommation de masse mais le « sur mesure ». Qui a parlé de précarité ?

Crédit photo : Rachel Botsman et Roo Rogers

Outre Atlantique, ce courant est appelé la consommation collaborative. Selon Rachel Botsman et Roo Rogers, auteurs de l’ouvrage « What’s Mine Is (Y)ours : The Rise of Collaborative Consumption«  , cela correspond au fait de prêter, louer, donner, échanger des objets via les technologies de l’information et les communautés de pairs.

-on achète l’usage d’un produit plutôt que sa possession (économie de fonctionnalité)

-on échange ou on partage des produits que l’on n’utilise plus (systèmes d’échanges C to C, de troc, de dons…

-on adopte un style de vie et une organisation collaborative pour partager des biens immatériels entre particuliers (espaces, temps, compétences, connaissances, monnaie,…)

Se développent de nouvelles formes d’échanges basées sur la confiance, mais aussi sur la vigilance, entre un loueur et un locataire. Ce qui compte, dorénavant ce n’est plus la richesse matérielle mais la réputation. Si l’on est digne de confiance, crédible, il n’y a plus aucune raison de ne pas accéder aux produits et services dont on a besoin.

Crédit photo : Rachel Botsman et Roo Rogers

C’est l’exemple du couchsurfing ou encore du retour au troc, sur ebay, videdressing ou vestiaire de copines. Tous ces sites sont basés sur la confiance, à grand renfort d’avis et de commentaires, envers le vendeur mais aussi l’acheteur.

Cette tendance se répand également largement dans le champ de l’urbain. On partage des voitures, des vélos, que l’on loue à tour de rôle grâce à des systèmes de location de courte durée.

Crédit photo : Rachel Botsman et Roo Rogers

L’auto-partage a un bel avenir devant lui quand on sait que les voitures de particuliers sont utilisées seulement 6% du temps en moyenne. Avec Covoiturage.fr de plus en plus de gens partagent ainsi leurs temps de trajets, sans se connaitre auparavant.

Face à cette mutualisation des usages et à cette volonté de constituer des communautés de pairs qui échangent des services, ne tend on pas vers une redéfinition de la notion même des services publics locaux ? Ce n’est plus la collectivité seule qui apporte les services aux citoyens mais aussi les citoyens eux mêmes ainsi que les opérateurs urbains de services. La puissance publique doit s’adapter à cette nouvelle donne dans la définition des politiques publiques afin de s’adapter à ce développement de services publics locaux partagés entre les citoyens.

Comment fabriquer une ville propice à l’économie collaborative, au partage et à la mutualisation ? En définissant des espaces publics ouverts, conviviaux et connectés qui favorisent le fonctionnement en réseau bien sûr ! Et maintenance, partageons !

Pour en savoir plus

Une réponse à “Et si on partageait ?

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